Carte d'identité:

| Diamètre | 12756 Km |
| Masse | 5980 milliards de tonnes |
| Rotation | environ 24h |
| Tour du Soleil | 365,25 jours |
| Distance Soleil | 150 000 000 Km ou 1 UA |
| Satellite | 1: la Lune |
| Caractéristiques orbitales | Structure du globe terrestre | Mouvements dans le globe terrestre |
La Terre décrit autour du Soleil, dans un plan dit
de lécliptique, une orbite elliptique dont le Soleil
occupe un des foyers. Sa distance au Soleil varie ainsi entre
147 103 311 kilomètres, en janvier (périhélie),
et 152 105 142 kilomètres, en juillet (aphélie);
sa vitesse orbitale séchelonne entre 28,084 et 31,028
kilomètres par seconde.
La Terre tourne sur elle-même en 23 heures 56 minutes et
4 secondes, selon un axe incliné de 23° 27' sur le
plan de lécliptique, ce qui conduit à une
variation considérable de lensoleillement en un endroit
donné, définissant les saisons. 23° 27' nord
et sud marquent la latitude des tropiques du Cancer, au nord,
et du Capricorne, au sud, où le Soleil arrive à
la verticale, à midi, aux solstices de juin (Cancer) et
de décembre (Capricorne), le Soleil passant deux fois par
an à la verticale de tout lieu situé entre les tropiques.
Les cercles polaires, par 66° 33', marquent en complément
les limites de la nuit polaire au moment du solstice de lhémisphère
opposé. Le Soleil passe et repasse au zénith de
léquateur lors des équinoxes de septembre
et de mars.
Entre deux solstices ou entre deux équinoxes
consécutifs, on définit une année tropique
de 365 jours 5 heures et 48 minutes, exacte mesure de la succession
des saisons. Or laxe de rotation de la Terre nest
pas fixe et décrit en 25 800 ans un cône de demi-angle
au sommet égal à 23° 27', autour dun axe
perpendiculaire au plan de lécliptique, ce qui provoque
le phénomène de précession des équinoxes,
en conséquence duquel lannée sidérale
dépasse de 20 minutes environ lannée tropique;
celle-ci est donc en avance dautant.
La rotation de la Terre est affectée dautres irrégularités,
de moindre grandeur: mouvements de nutation de laxe des
pôles, oscillation angulaire de 9,21" selon une période
de 18,6 ans; mouvement erratique de laxe des pôles,
qui décrit une spirale irrégulière à
lintérieur dun cercle dune vingtaine
de mètres de diamètre; freinage progressif de la
rotation dû aux marées terrestres le jour
aurait diminué de 2 heures environ en 350 millions dannées,
la rotation se faisant en 12 heures lors de la formation de la
Terre, il y a 4,5 milliards dannées (en conséquence,
la Lune séloigne de la Terre de 3,7 cm par an); variation
saisonnière annuelle de lordre de la milliseconde,
liée aux irrégularités météorologiques
entre lhémisphère Nord, où se concentrent
les continents, et lhémisphère Sud, où
ils sont moins importants, etc.
Si les plus marquées de ces irrégularités
sont connues depuis longtemps, comme la précession des
équinoxes, que les Anciens calculaient sans en connaître
la cause, ou le freinage des marées, dont Darwin avait
le premier pressenti lorigine, les précisions les
plus fines nont été acquises quà
la fin du XXe siècle, grâce à la géodésie
spatiale: télémétrie laser sur des satellites
artificiels; interférométrie à longue base
(V.L.B.I.: Very-Long Baseline Interferometry) à partir
du signal émis par une source très lointaine dans
lUnivers (en pratique, des quasars); technique Doppler-Fizeau
des systèmes G.P.S. (Global Positioning System) et D.O.R.I.S.
(Détermination dorbite et radiopositionnement intégré
par satellite).
La densité des roches superficielles, égale
à 2,7, très différente de celle de la Terre
dans son ensemble, égale à 5,52, a conduit à
conjecturer une composition variant avec la profondeur (fig. 4).
En combinant la nature surtout granitique des roches de surface,
celle, surtout basaltique, des roches issues des magmas rejetés
par les volcans et la composition en fer-nickel de la majorité
des météorites, on en vint à lhypothèse
dune composition en trois enveloppes emboîtées:
le sial de silice et aluminium pour la surface,
le sima de silice et magnésium , au-dessous,
jusquau nife de nickel et fer , au centre
de la Terre, en un arrangement qui rende compte de la densité
globale de la planète. Au début du XXe siècle,
Alfred Wegener usera de cette conception avant quelle névolue
vers celle de croûte-manteau-noyau.
La sismologie allait donner une mesure de ces trois enveloppes:
la discontinuité de Mohorovicic , ou moho, vers 30 kilomètres
de profondeur en moyenne, marquée par la réflexion
et la réfraction des rais sismiques, constitue la frontière
entre la croûte et le manteau; la discontinuité de
Gutenberg , vers 2 900 kilomètres de profondeur, est la
limite entre le manteau et le noyau. Toutes deux portent le nom
de leur découvreur (le Croate Andrija Mohorovicic et lAllemand
Beno Gutenberg), depuis 1909 pour la première, 1921 pour
la seconde. Ultérieurement, la croûte fut divisée
en une croûte supérieure et en une croûte
inférieure, séparées par une discontinuité
de Conrad, souvent discutée, tandis quune graine
était individualisée au centre du noyau, au-delà
de 5 000 kilomètres de profondeur.
La croûte fit lobjet de précisions essentielles.
Dune part, la croûte océanique est différente
de la croûte continentale, comme le montra Gutenberg en
1921; la première est «basaltique», la seconde
«granitique», du moins en moyenne. Dautre part,
la croûte continentale sépaissit sous les chaînes
de montagnes en une racine qui peut atteindre 70 kilomètres
dépaisseur sous la cordillère des Andes du
Pérou et de Bolivie.
Une étude plus fine des vitesses de transmission des ondes
sismiques dans les parties superficielles menée
dans larchipel des Tonga, dans le sud-ouest du Pacifique,
par Jack Oliver et Bryan L. Isacks en 1967 allait permettre
de séparer les milieux solides des milieux visqueux, les
premiers conduisant les ondes sismiques plus rapidement que les
seconds. Ainsi furent distinguées la lithosphère,
solide, comprenant, sur 100 kilomètres dépaisseur
moyenne, la croûte et le manteau supérieur, et lasthénosphère,
visqueuse, correspondant au reste du manteau. Ces distinctions,
qui englobent celles de croûte et de manteau, mais avec
des limites différentes, constituent les fondements de
la tectonique des plaques.
Puis lapplication des méthodes de sismique-réflexion
à écoute longue, adaptées de la sismique
pétrolière, apporta des précisions sur la
structure de la croûte. On citera le programme américain
Cocorp (Consortium for Continental Refraction Profiling), qui
eut de nombreux équivalents, dont le programme français
É.C.O.R.S (Étude des continents et des océans
par réflexion sismique).
Enfin, les progrès accomplis dans létude de
la propagation des ondes sismiques ont permis de distinguer dans
le manteau des zones chaudes, à vitesse lente, et des zones
froides, à vitesse plus rapide. Cette tomographie du manteau,
en trois dimensions, a ainsi authentifié la conception
des courants de convection, ascendants au niveau des rides (médio)-océaniques,
où remonte le matériel chaud du manteau inférieur,
descendants à la périphérie des océans,
où senfonce la lithosphère froide. Tandis
que des points chauds (hot spots ), dispersés à
la base du manteau, déterminent des ascendances permanentes
qui sont à lorigine dun volcanisme continu.
Si les connaissances sur la forme et la structure du globe terrestre
sont dues, pour lessentiel, à la gravimétrie
et à la sismologie, le magnétisme est à lorigine
de la découverte et de la mesure des mouvements dans le
globe.
Le champ magnétique terrestre correspond à un dipôle
magnétique dont lorientation ne coïncide pas
avec laxe de rotation de la Terre: le pôle Nord magnétique
est situé dans larchipel arctique canadien, à
1 900 kilomètres environ du pôle Nord géographique,
tandis que le pôle Sud magnétique se trouve dans
locéan Antarctique, au large de la terre Adélie,
à 2 600 kilomètres environ du pôle Sud géographique.
Ainsi, laxe des pôles magnétiques ne passe
pas par le centre de la Terre; dailleurs, sa position change
constamment, de telle sorte que les pôles magnétiques
se déplacent de 10 kilomètres par an environ.
Linfluence du champ magnétique terrestre, dont lorigine
réside probablement, du fait de la rotation de la Terre,
dans un effet dynamo à lintérieur du noyau,
fluide dans sa partie externe, est limitée à la
magnétosphère terrestre par leffet du vent
solaire, lui-même magnétique: son front en direction
du Soleil se situe à 10 rayons terrestres mais la magnétosphère
sallonge très loin dans la direction opposée.
Lobservation des variations séculaires du champ magnétique
terrestre a permis de définir une convection dans le noyau,
avec un panache descendant à laplomb du sud de lInde,
et un panache ascendant à laplomb de louest
du Pérou.
Les données du champ magnétique terrestre fossile
ont permis de déterminer les mouvements de la lithosphère
superficielle. Ces données sont de deux ordres: dune
part, en se refroidissant, les laves volcaniques fixent le champ
magnétique de lépoque par un effet de magnétisme
thermorémanent; dautre part, à une époque
donnée, les particules magnétiques se sédimentent
en fonction du champ.
Le paléomagnétisme a démontré la dérive
des continents, argumentée au début du XXe siècle
par Wegener: à un moment donné de lhistoire
géologique, les pôles requis par les roches des divers
continents, différents des pôles actuels, sont aussi
différents entre eux, preuve de ce que les continents se
sont déplacés les uns par rapport aux autres. Les
anomalies magnétiques océaniques, parallèles
aux rifts (médio)-océaniques, ont permis de calculer
le taux de création de la croûte océanique,
en admettant quelles «fossilisent» les inversions
de polarité du champ magnétique terrestre, dont
le calendrier a été établi par ailleurs;
ainsi a été démontrée et calculée
lexpansion océanique.
Combinées entre elles et aux résultats de la sismologie,
les données du paléomagnétisme ont fondé
la tectonique des plaques, selon laquelle lexpansion océanique,
ou accrétion, est compensée par la subduction, génératrice
darcs insulaires et de cordillères ou annonciatrice
de collisions continentales doù naissent les chaînes
alpino-himalayiennes de type téthysien.
Après que quelques mesures lasers au sol eurent commencé
de confirmer ces mouvements, ce sont les données acquises
grâce à des satellites qui ont permis den donner
une mesure systématique en temps réel: par interférométrie
spatiale à partir du sol sur des sources lointaines (V.L.B.I.)
ou grâce aux satellites de positionnement, dont la précision
est devenue centimétrique (G.P.S., D.O.R.I.S.). Les résultats
de cette géodynamique mesurée ont confirmé
ceux de la géodynamique moyennée sur plusieurs millions
dannées: expansion océanique et dérive
des continents se mesurent en centimètres par an, aujourdhui
comme hier.
Cette actualisation de la géodynamique a ouvert une ère
nouvelle dans létude des mouvements et des déformations
de lécorce terrestre; elle constitue enfin une voie
féconde pour la prévision des risques naturels dorigine
interne, séismes et éruptions volcaniques.